Société des Langues Néo-latines

 accueil   Rentrée 2004 : Nouvelle dégradation de l'enseignement des langues  
 
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Défense de l'enseignement des langues vivantes dans le second degré

 
     
     
 

La Société des Langues Néo-Latines, la Société des Hispanistes Français de l'Enseignement Supérieur, la Société des Italianistes de l'Enseignement Supérieur, l'Association pour le Développement des Études Portugaises et Brésiliennes, de l'Afrique et de l'Asie lusophones, l'Association Française pour la Diffusion de l'Espagnol protestent vigoureusement contre un certain nombre de mesures et de projets du Ministère de l'Éducation Nationale, dont certains seront appliqués dès la rentrée prochaine, qui vont entraîner une nouvelle dégradation de l'enseignement des langues dans le second degré :

- la généralisation de la bivalence des professeurs en sixième et en cinquième, préconisée par la Commission des Finances de l'Assemblée Nationale (cf Projet de loi de Finances pour 2003), qui entraînerait nécessairement une baisse de la qualité de l'enseignement dans une des deux disciplines au moins.

- la pratique systématiquement partiale de l'ouverture de classes de sixième bilangues, favorisant par trop le couple anglais-allemand au détriment des langues néo-latines (espagnol, italien et portugais). Les associations soussignées se déclarent favorables à un enseignement de deux langues dès la classe de sixième ou de cinquième, à la condition que cette ouverture permette une véritable diversification des langues proposées et que ces enseignements soient poursuivis jusqu'en terminale, sans réduction de l'horaire globalement affecté aux langues vivantes jusqu'ici.

- l'impossibilité de fait d'étudier en lycée professionnel et dans les classes de troisième y menant une autre langue que l'anglais.

La généralisation de l'enseignement de deux langues dans les collèges avait été l'un des principaux acquis obtenus en 1984-1985, justifié par l'ouverture européenne et la place qu'occupent désormais les langues vivantes dans les échanges économiques et culturels. Pour des raisons essentiellement budgétaires, le gouvernement remet gravement en cause ce principe. Les mesures énumérées ci-dessus témoignent de choix politiques qui entraîneront à terme la démolition du système actuel de l'enseignement des langues vivantes dans le second degré, jugé sans doute trop onéreux, et qui justifient déjà la réduction du nombre des postes inscrits aux concours de recrutement en 2004, frappant particulièrement les langues vivantes.
C'est pourquoi la Société des Langues Néo-Latines, la Société des Hispanistes Français de l'Enseignement Supérieur, la Société des Italianistes de l'Enseignement Supérieur, l' Association pour le développement des Études Portugaises, Brésiliennes, de l'Afrique et de l'Asie lusophones, Association Française pour la Diffusion de l'Espagnol demandent:

- l'abrogation des mesures et des projets énumérés ci-dessus,
- la présence réelle de l'enseignement des langues romanes à l'école élémentaire,
- l'étude effective de deux langues pour tous les élèves des collèges,
- la possibilité d'étudier deux langues et parfois trois pour les élèves des lycées,
- le retour à trois heures hebdomadaires d'enseignement de la seconde langue pour les élèves des sections des lycées qui ont choisi cette option.
- l'égalité de traitement de tous les élèves dans tous les collèges, qu'ils habitent ou non une grande ville, une région favorisée ou non.

Elles appellent tous leurs adhérents à soutenir résolument ces revendications dont dépendent la qualité et l'efficacité de notre enseignement du second degré et, par voie de conséquence, l'avenir de la nation.

 
     

Bernard Capdupuy, Président de la S.L.N.L, Jacques Soubeyroux, Président de la S.H.F., Agnès Morini, Présidente de la S.I.E.S., Jean-Yves Mérian, Président de l'A .D.E.P.B.A., Claudine Soëtard, Présidente de l'A.F.D.E.